Un grand nombre de handicaps internes et externes :
Même s'il s'agit du secteur le plus emblématique de l'univers touristique, il en est aussi le plus problématique.
En effet, il est constamment secoué par un grand nombre de handicaps exogènes contre lesquels il peine à lutter. Une multitude d'aléas qui frappent le monde le touche
directement, car le tourisme de luxe est avant tout un tourisme international.
La récession économique, l'insécurité croissante liée au terrorisme, les crises politiques l'affaiblissent. Le déséquilibre de la parité monétaire affecte également directement le haut de gamme.
En effet, lorsque le dollar est plus faible que l'euro, comme c'est le cas actuellement, on observe une baisse sensible de la fréquentation touristique en Europe par les étrangers : américains et
autres.
Quand la demande touristique diminue ; c'est toujours le tourisme de luxe le premier à en pâtir.
De plus, si le marché mondial est en constante mutation, la clientèle de luxe ne jure fidélité à aucune destination et navigue au grès de ses humeurs et de ses envies.
Ensuite, en France, les acteurs du secteur sont prisonniers d'une vision du luxe qui peut, dans certains cas, leur faire commettre des erreurs, en particuliers par rapport à l'ensemble des
présupposés qui constituent le politiquement correct : nombreux sont ceux qui pensent que le luxe est français par essence et qu'il descend du latin lux qui signifie lumière. Or cela n'est pas
vrai. Une sorte de mythologie du luxe est entretenue pour des raisons historiques qui sont somme toute compréhensibles mais il faut aborder le luxe avec lucidité pour "rester
dans la course" sinon il est probable que l'on passe à côté d'autres types d'approches et de définitions propres au tourisme de luxe d'aujourd'hui. Il faut se mettre en tête que le luxe n'est
plus le privilège de la France et qu'il faut s'inspirer des autres segments.
Enfin, il existe un véritable manque de communication entre les différents acteurs qui constituent ce segment et cela ne fait que freiner l'évolution dont ce secteur a tant
besoin. Paradoxalement, il existe peu d'études réalisées sur ce thème. Le luxe traditionnel aime cultiver le secret. Les chiffres sont souvent inexactes, les analyses sont éparpillées et
l'information est peu structurée.
Des perspectives d'évolution :
Deux phénomènes positifs s'amorcent pour le futur. D'une part, le vieillissement de la population en France. Cela laisse supposer qu'une partie de ceux qui partent aujourd'hui à
la retraite sera potentiellement dans les prochaines années consommatrice de luxe puisqu'elle aura un très fort pouvoir d'achat. D'autre part, l'émergence de nouveaux produits
comme les villas privatives au sein de grands établissements hôteliers ou encore les chalets de location dans les plus prestigieuses stations de ski.
Ensuite, le tourisme de luxe a connu de grands bouleversements ces 30 dernières années. Au départ, la clientèle était homogène, régulière et prévisible, puis progressivement, le ciblage s'est
considérablement élargi par nécessité et par changement de moeurs. Désormais, l'industrie touristique de luxe doit compter sur un apport plus diversifié de clientèle car le coeur de cible est
loin de permettre au marché de fonctionner correctement. Les entreprises avec leurs conventions internationales et leur voyages d'affaires mais aussi les clients ponctuels qui se font plaisir une
fois dans leur vie permettent de faire tourner la machine du luxe. On peut ainsi parler d'une certaine "démocratisation" du tourisme de luxe qui est désormais accessible à un
éventail de personnes plus large ; en témoigne l'apparition du discount dans ce secteur.
En ce qui concerne la France, elle bénéficie depuis toujours d'une image haut de gamme et l'on peut dire aujourd'hui encore qu'elle est synonyme de destination de luxe. Il est
vrai que dans le tourisme de luxe la concurrence est mondiale mais celle-ci doit être relativisée. D'une part, les séjours de luxe sont pour la plupart des séjours courts de moins de 6 jours ; ce
qui favorise les destinations proches. D'autre part, avec l'insécurité croissante ; la proximité, l'accessibilité et la stabilité deviennent petit à petit des facteurs
déterminants, ce qui devrait jouer, à long terme, en faveur des destinations occidentales. On peut donc en déduire que le tourisme de luxe européen a encore de beaux jours devant lui.
Enfin, le luxe puisqu'il est symbole de personnalisation requiert une main d'oeuvre importante. Il est par conséquent source d'emploi.